À l’Emporio Mall de New Delhi, le luxe français renforce sa présence en Inde
le 18/9/2008 à 15h56
par Axelle Gupta
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Finis les week-ends shopping à Dubaï pour les Indiens les plus fortunés : Dior, Vuitton et Cartier s’installent à New Delhi, dans le nouveau temple du luxe. De quoi séduire les classes moyennes qui revendiquent, elles aussi, leur part de rêve.
"It's like the Champs-Elysées!" : c'est avec un sourire émerveillé que la secrétaire d'État au Commerce extérieur Anne-Marie Idrac a franchi mardi la porte de l'Emporio Mall. Face à elle, les boutiques Dior et Louis Vuitton, ouvertes fin août, qu'elle a symboliquement inaugurées, lors de sa visite en Inde. Quelques mètres plus loin, des ouvriers s'activent sur le chantier d'une bijouterie Cartier.
L'Emporio Mall a fleuri le mois dernier au milieu d'une vaste zone déserte encerclée de bidonvilles, à Vasant Kunj, au sud de New Delhi. Chaque matin vers 11 heures, commence devant ses portes le ballet des chauffeurs et des voituriers. Car seuls les marques les plus prestigieuses et leurs clients fortunés ont droit d'entrée dans "la destination shopping la plus luxueuse en Inde". Pour la première fois, un mall, du nom des immenses centres commerciaux à l'américaine, est dédié à la haute-couture, la maroquinerie et la bijouterie. Des produits très haut-de-gamme, réservés jusque là aux palaces, le Taj Mahal hôtel de Bombay ou l'Oberoi de New Delhi.
Sur les dalles de marbre italien, l'Inde des portefeuilles bien garnis fait du lèche-vitrine. Installée dans un canapé au rez-de-chaussée, une cliente énumère ses achats. "Un sac et des cosmétiques que mon mari m'achetait quand il voyageait, mais que je trouve en Inde pour la première fois", détaille cette directrice d'une académie de musique, qui dit chercher "la qualité en premier". Le tout pour plus de 49 000 roupies (près de 800 euros).
"La clientèle est à 99% indienne, ce qui n'était pas le cas quand les boutiques de luxe s'installaient dans les grands hôtels", estime Debjani Maitra, la paysagiste chargée de la décoration des boutiques Dior et Vuitton. L'attrait des Indiens pour le luxe français n'a rien de nouveau, mais les riches clients devraient apprécier de trouver en Inde ce qu'ils ramenaient de leurs week-ends à Dubaï. Et ce même si les trois taxes qui composent les droits douaniers en Inde augmentent sensiblement le prix de vente des produits.
Forts de ce succès, les groupes lorgnent maintenant du côté de la fameuse classe moyenne, ces 200 millions de consommateurs potentiels, fantasmes des investisseurs internationaux. "La prochaine étape, c'est de séduire les cadres supérieurs, les PDG de start-up, ces nouveaux clients du miracle indien qui ont toujours vécu en Inde et qui vont découvrir le luxe ici", explique Vincent Bernard, directeur général régional chez Christian Dior.
Mais le chemin est encore long et la classe moyenne, hétérogène. Drapée dans un sari rose, Bhupinder Kaur Mehar arpente l'Emporio Mall, "juste pour regarder". Cette mère au foyer, mariée à un vendeur de bateaux de croisière, dit faire partie de la classe moyenne supérieure. Elle avoue faire quelques folies "de temps en temps ou pour un anniversaire". "Mais ça reste exceptionnel, seule une élite peut se le permettre, poursuit-elle. Avec l'inflation des derniers mois, il n'y a que les riches des milieux d'affaires qui peuvent tout s'offrir. Nous, on y réfléchit à deux fois."
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