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Année sombre pour le groupe industriel indien Tata

le 5/12/2008 à 11h55  par Morgane Jézéquel

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L’empire Tata a été frappé en plein cœur lors des attentats du 26 novembre : l’hôtel Taj Mahal, dévasté par les terroristes, était son plus beau joyau. Depuis un an, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour cet emblème de la réussite économique indienne.

Piscine ensanglantée, dôme livré aux flammes, vitres brisées par les rafales de tirs… Ces images chaotiques ont tourné en boucle sur les télévisions du monde entier pendant trois jours. Lieu de rêve il y a encore deux semaines, ce palace, bâti en 1903 par Jamshedji Nasarwanji Tata, est devenu en quelques heures le nouveau symbole de la terreur. Le groupe a annoncé qu'il allait "reconstruire chaque centimètre" du bâtiment à l'identique. Une façon de garder la tête haute, dans un contexte pourtant désastreux pour le numéro un de l'automobile en Inde.

La destruction de cet hôtel, véritable joyau du groupe, est le dernier – et le plus dramatiquement symbolique – d'une série d'événements qui ont fait de 2008 une des années les plus difficiles pour le groupe centenaire.

En janvier, l'entreprise était à son apogée. Numéro un de l'automobile en Inde, numéro quatre mondial de l'acier, septième opérateur internet du globe… A grand renfort de communication, elle annonçait, en tout début d'année, le lancement imminent de la Nano, estampillée "voiture la moins chère du monde" avec son prix de 100 000 roupies (1 600 euros).

Mais la construction de l'usine a dû être arrêtée à cause d'un grave conflit avec les agriculteurs du Bengale, qui accusaient le groupe de les avoir forcé à vendre leurs terres pour s'installer. Après des semaines de manifestations, Ratan Tata a finalement décidé d'abandonner l'usine en octobre dernier. Elle était pourtant achevée à 90 % et lui avait déjà coûté 230 millions d'euros. Les premières voitures étaient censées entrer sur le marché ce mois-ci. Finalement, Tata a installé sa production dans le Gujarat et espère sortir la Nano au mois de mars.

Mais les déboires automobiles du groupe ne s'arrêtent pas là. Il y a quelques mois, Tata rachetait, pour 2,3 milliards de dollars (1,82 milliard d'euros) les marques Jaguar et Land Rover. Et s'imposait au passage comme une des plus grandes puissances automobiles mondiales. Mais à peine le contrat signé, la crise ravageait le secteur et la demande s'effondrait. Lundi, le groupe annonçait une baisse des ventes de 30 % en novembre et la fermeture temporaire de plusieurs sites de production. En un an, Tata a perdu 82 % de sa valeur en bourse.

L'an dernier, Tata s'était aussi lancé dans un secteur qui allait connaître des difficultés : l'acier, en rachetant le sidérurgiste anglo-néerlandais Corus pour 13,7 milliards de dollars (10,8 milliards d'euros).

Endetté à cause de ces nombreuses acquisitions, mis en difficulté par la crise économique et le terrorisme, Tata espère pouvoir relever la tête d'ici peu. Son chiffre d'affaires annuel de 62,5 milliards de dollars (50 milliards d'euros) lui donne toutefois, malgré le contexte, de quoi assurer ses arrières.

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