Attentats de Bombay: le seul survivant du commando condamné à mort
le 6/5/2010 à 14h50
par AFP
Poster un commentaire :
(0 avis)
Un Pakistanais de 22 ans, seul survivant du commando responsable des sanglants attentats de Bombay fin 2008, a été condamné à mort jeudi par le juge d'un tribunal spécial indien au terme d'un procès d'un an.
La peine capitale
contre Mohammed Ajmal Amir Kasab a été prononcée par le juge M.L Tahaliyani en
vertu de quatre chefs, à savoir ceux de meurtres, actes de guerre contre
l'Inde, complot et terrorisme. Ce Pakistanais de 22 ans est le seul survivant du commando de dix hommes qui avait semé la
mort dans des hôtels de luxe, un restaurant touristique, la principale gare et
un centre juif de Bombay, faisant 166 morts et plus de 300 blessés, du 26 au 29
novembre 2008.
"Il devrait être pendu par le cou jusqu'à ce qu'il meure", a déclaré
le juge. Kasab, vêtu de la longue
chemise blanche traditionnelle de sa région natale au Pakistan, le Punjab,
s'est pris la tête entre les mains sur le banc des accusés, fixant le sol,
tandis que le juge prononçait la peine.
Avant de rendre le verdict, le juge avait demandé au jeune homme s'il
souhaitait s'exprimer. Kasab n'a rien répondu, faisant simplement un geste
dédaigneux de la main. Le juge a déclaré que la peine devait être proportionnelle au crime et que la
peine de mort était nécessaire pour que le public garde confiance dans le
système judiciaire indien.
"Je ne vois aucun exemple de peine inférieure que la mort dans une affaire
d'actes de guerre contre l'Inde, de meurtres et d'actes terroristes",
a-t-il ajouté. Le rôle de Kasab dans le massacre à la gare, qui avait fait 52
morts, a été reconnu à l'aide de preuves "accablantes" telles des
empreintes digitales ou des captures d'écran de caméras de sécurité.
Ce Pakistanais
était le seul accusé survivant du commando. Les neuf autres membres ont été
tués lors de l'intervention des forces de l'ordre. L'Inde a imputé les
attentats, qualifiés par la presse de "11 septembre de l'Inde", au
groupe extrémiste Lashkar-e-Taïba (LeT) basé au Pakistan, et a suspendu
jusqu'en février dernier le dialogue de paix avec le Pakistan, son voisin rival.
Alors que le
verdict du procès était imminent, en début de semaine après l'inculpation de
Kasab lundi, le procureur indien qui l'a poursuivi en justice était la cible de
critiques mercredi pour s'être vivement emporté la veille dans son réquisitoire
devant la cour du tribunal spécial.
Selon le quotidien Mail Today, le procureur Ujjwal Nikam s'est montré
"trop zélé" et a "dépassé les limites" en évoquant le cas
de Mohammed Ajmal Amir Kasab. "C'est un agent du diable lui-même, une
honte (faite) à la société et à toute l'espèce humaine. Au moins, les animaux
sauvages se contentent d'une seule proie pour calmer leur faim", a déclaré
mardi le procureur, devant le juge du tribunal spécial installé dans une prison
de Bombay. Un peu plus tard, il a ajouté qu'"un serpent se sentirait
insulté s'il était comparé à Kasab".
Mais même si de nombreux Indiens attendaient que le seul accusé encore en vie
soit condamné à mort jeudi par la justice, les propos du procureur ont choqué. M.
Nikam, un vieil habitué des affaires d'anti-terrorisme, a "perdu le
contrôle dans le choix des mots" lors de ses réquisitions de deux heures,
considère Mail Today, qui cite en exemple les termes de "serpent, chien
fou, animal dévoreur de chair". Interrogé par l'AFP, le procureur a
affirmé que les commentaires du Mail Today étaient faux. "Ils n'ont pas
compris ce que j'ai dit à la cour", a-t-il affirmé.
Mohammed Ajmal Amir Kasab, dont le procès a commencé le 15 avril 2009, avait plaidé coupable en juillet avant de se rétracter, le
18 décembre dernier. Il a été
reconnu coupable lundi de la plupart des 86 chefs d'accusation pesant contre
lui.
AttentatsBombayJustice
Poster un commentaire :
(0 avis)