Au J.J. Hospital de Bombay, le sida est soigné gratuitement
le 12/11/2009 à 9h47
par Sarah Collin
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En Inde, environ 2,5 millions de personnes vivent avec le VIH. Depuis 2004, les "centres ARV", ouverts dans des hôpitaux publics, délivrent gratuitement des traitements antirétroviraux, ainsi que des consultations spécialisées et des sessions de soutien psychologique aux patients atteints du VIH/sida. Reportage au J.J. Hospital de Bombay.
"Au début des années 90, le J.J.
Hospital était le seul hôpital de Bombay à traiter les malades atteints du
VIH/sida", se souvient le Dr Alaka Desphande.
Aujourd'hui, c'est l'un des deux seuls hôpitaux publics indiens à proposer des
médicaments anti-rétroviraux (ARV) "de deuxième ligne" aux
personnes séropositives, lorsque le VIH s'avère résistant aux médicaments
classiques, les ARV dits "de première ligne". Au cœur du quartier
musulman de Bycalla, l'immense J.J. Hospital a une capacité de 1400 lits pour
plus de 30 000 admissions par an. Le centre hospitalier dépend du gouvernement
régional du Maharashtra, l'Etat de Bombay, et toutes les pathologies y sont
traitées gratuitement.
Le "centre ARV", se trouve dans
le bâtiment principal de l'hôpital. Né en 2004, ce département est
entièrement dédié aux personnes atteintes du VIH. Ici, les patients (non
hospitalisés) ont accès à un laboratoire d'analyses, à des consultations
médicales spécialisées, mais aussi à des rencontres avec des psychologues et
même un nutritionniste. Et surtout, ils reçoivent un traitement antirétroviral
intégralement gratuit. Dans la salle d'attente, une centaine de personnes
patiente. Chaque jour, ils sont ainsi entre 250 et 300 à venir chercher leurs
médicaments pour un mois, et les trois médecins donnent près de 400
consultations quotidiennes au total.
Alaka Desphande dirige le centre ARV depuis
sa création. Dans son bureau, siège d'incessantes allées et venues, elle se
réjouit du chemin parcouru : "mes patients, parlent la
langue des CD4 (les globules blancs aussi appelés lymphocytes T4 sur
lesquels se fixe le virus du sida ndlr), ils sont capables de comprendre
leurs résultats d'analyse. Maintenant, il y a de l'espoir". D'autant
plus qu'en Inde, le sida est souvent considéré comme une maladie honteuse. Au
sein de cette gigantesque usine de santé, il n'existe pas par exemple pas de
service dédié aux malades du Sida, pour éviter la "stigmatisation"
des malades, comme nous l'apprend Vaishali, conseillère psychologique.
Lors de sa visite en Inde en octobre
dernier, Michel Sidibé, le président de l'ONUSIDA, a alerté l'opinion sur un
criant problème de santé publique: "Le Maharashtra possède une
industrie pharmaceutique générique qui exporte des médicaments anti-rétroviraux
en Afrique à bas prix, permettant à des pays comme l'Afrique du Sud et le Mali
de soigner 80% de la population affectée. En même temps, à peine 30% de la
population cible est couverte au Maharashtra", déclarait-il au Times of India, tout en
soulignant que grâce à ses bonnes infrastructures de santé, Bombay avait la
capacité de devenir un modèle dans la lutte contre le sida en Inde.
Pour le Dr Deshpande, le problème majeur
reste la grande différence de prix entre les traitements de première ligne de
deuxième ligne. "Un traitement d'ARV de première ligne coûte 650
roupies par mois et par patient, contre 8000 roupies pour un traitement de
deuxième ligne", explique-t-elle. Or environ 3% des patients
développent une résistance aux ARV de 1ère ligne. En 2010, le J.J.
Hospital introduira les ARV de deuxième ligne pour les enfants, sans oublier
les fondamentaux : éducation et promotion des préservatifs. "Nous
ne pouvons nous permettre aucun laxisme", rappelle Alaka Deshpande.
SantéBombay
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Arsch a écrit le 12/11/2009 à 17h44 :
agwadec a écrit le 16/11/2009 à 4h42 :
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