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Homosexualité en Inde : "Il faut avancer pas à pas"

le 2/7/2010 à 17h07  par Stéphane Stag

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Il y a un an jour pour jour que l’homosexualité n'est plus un crime en Inde. Aditya Bandopadhyay, avocat indien qui se bat pour le droit des homosexuels revient sur un combat quotidien au nom des droits des individus.

 

D'après l'article 337 du code pénal indien, les actes homosexuels sont des "offenses contre nature ” et stiplule que “quelqu'un qui a des rapport charnel contre nature avec un homme, une femme ou un animal, doit être puni d'emprisonnement à vie, ou d'emprisonnement d'une autre description pour une durée qui peut s'étendre jusqu'à dix ans, et peut aussi être passible d'une amende."
 
En 2009, Aditya travaille pour un collectif d'avocat au service de la fondation NAZ qui lutte contre ces discriminations. Il est l'un des premier à rendre une ébauche d'une pétition s'opposant à l'article 337. En parallèle, un autre groupe d'ONG se constitue: Voices against 377. Les deux entités se battent pour une même cause: la non application de l'article sus-cité.
 
Mais une différence de taille éloignent les deux associations. "Alors que la fondations NAZ lutte pour la dépénalisation de l'homosexualité afin de pourvoir aux besoins de santé des homosexuels, Voices against 377 revendique principalement les libertés et droits individuels", explique Aditya.
 
Le 2 juillet 2009, la Haute cour de Delhi rend son jugement: l'article 337 viole l'article 21 relatif aux libertés personnelles, l'article 14 pour l'égalité et l'article 15 relatif aux discriminations envers les sexes. Le 377 "ne peut pas être appliqué dans le cadre privé à des adultes consentants", tranche la justice.
 
Un an après le verdict, les choses ont -elles changées? "Depuis le jugement, de plus en plus d'homosexuels se montrent. La violence policière a nettement diminué. On peut se promener et on n'a pas peur des conséquences",  explique Aditya. En couple depuis neuf ans avec son conjoint, il ne craint pas les réprimandes.
 
"En Inde, nous ne connaissons pas l'homophobie comme dans les pays occidentaux", explique-t-il. "Ici le problème n'est pas vraiment les relations sexuelles mais les apparences. L'Inde est une société patriarcale où la violence est plus tournée contre les hommes éfféminés mais les homosexuels qui ont l'air normaux n'ont pas vraiment de problème. Il y a donc plus une phobie des genres que de l'homophobie", ajoute il.
 
Malgré cela, les homosexuels restent en marge de la société. Comme dans la majorité des pays du monde, ils n'ont en réalité pas les même droits que les hétérosexuels. "Ça prend du temps. Nous devons avancer pas à pas. La dépénalisation était un problème majeur. Les autres combats qui nous attendent comme le mariage et l'adoption viendront plus tard", déclare Aditya.
 
Aujourd'hui, les revendications ne sont pas au goût du jour; l'heure est à la fête. Un rassemblement est prévu ce soir à 17h30 à Jantar Matar pour célébrer les premier anniversaire  de liberté.

 

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