L’Inde reste sereine face à la crise financière mondiale
le 10/10/2008 à 14h26
par Juliette Tissot
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Alors que toutes les bourses s’écroulent et que la crise est le sujet de préoccupation majeur dans le monde, le gouvernement indien reste optimiste. Le pays continue de croire qu’il sera en partie épargné par une grave récession mais commence à prendre des mesures.
La Bourse de Bombay plonge comme toutes les bourses du monde, mais le gouvernement indien demeure confiant. Mercredi, le ministre du Commerce a assuré qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter, peut-on lire dans le Hindustan Times. Selon Kamal Nath, le pays a bénéficié d'encore plus d'investissements étrangers cet été malgré le ralentissement de l'économie mondiale. En début de semaine, P. Chidambaram le ministre des Finances avait déjà assuré que l'industrie du pays était à l'abri de cette crise, que la croissance serait de 8% pour l'année fiscale en cours et même de 9% l'année prochaine.
L'Inde qui est parfois critiquée pour la rigidité et le protectionnisme de son secteur financier, semble tirer aujourd'hui son épingle du jeu. "L'ancien premier Ministre Indira Gandhi avait été critiqué par les Etats-Unis et d'autres puissances occidentales quand elle avait nationalisé des banques du pays pour être sûre que les pauvres auraient accès au crédit. Cette mesure considérée comme socialiste voire communiste est aujourd'hui adoptée sans scrupules par les dirigeants des pays dont l'économie est libérale", ironise une agence de presse indienne.
La demande intérieure est à l'origine de 60 % du produit national brut de l'Inde. Le pays estime donc que les deux moteurs de sa croissance que sont la demande intérieure et les investissements la protègent d'une grave crise. Peut-être. Mais certaines analyses sont beaucoup plus pessimistes.
Depuis 5 ans, des capitaux du monde entier ont irrigué la Bourse de Bombay. L'année dernière ce sont des milliards de dollars qui ont été investis en Inde. Mais depuis plusieurs semaines la Bourse de Bombay dégringole régulièrement. Il y aura forcément une baisse des investissements étrangers qui aura un impact sur l'économie indienne. Kamal Nath l'a tout de même reconnu au début du mois, à Paris, lors d'une conférence devant les patrons du MEDEF.
Et le pays ne va pas non plus pouvoir compter sur ses propres capitaux. Avec une inflation à 12%, l'accès au crédit est de plus en plus difficile pour les Indiens. Le pays est à court de liquidité. La Banque centrale indienne a annoncé aujourd'hui une nouvelle baisse du coefficient de réserves obligatoires que les banques doivent laisser à la Banque centrale. Cette mesure devrait permettre de libérer 60 000 crore (9 milliards d'euros) dans l'économie. Une annonce très bien accueillie par la Confédération de l'industrie indienne.
Une étude menée cette semaine par un lobby industriel montre que l'augmentation du prix des matières premières, des salaires et des taux d'intérêts vont mettre à mal les bénéfices et la croissance des entreprises dans les 6 mois à venir. Les entreprises informatiques comme Infosys, Wipro et Tata Consultancy sont particulièrement exposées à la crise. Leurs clients sont principalement installés aux Etats-Unis et parmi eux de nombreuses banques.
Tout n'est donc pas aussi rose que veut bien le dire le gouvernement. Il faut rappeler que des élections générales ont lieu en mai prochain. Mais les électeurs ne seront peut-être pas dupes. Depuis quelques jours, la presse indienne se fait l'écho de tous les Indiens touchés par la crise, en particulier ces petits investisseurs qui ont perdu toutes leurs économies dans cette Bourse de Bombay qui affichait une santé à toute épreuve, il y a juste un an.
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