L’Inde touchée par la crise bancaire qui secoue les Etats-Unis
le 18/9/2008 à 15h12
par Juliette Tissot
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La débâcle des banques américaines touche aussi les pays d’Asie et l’Inde en particulier. Bourse en berne, roupie en baisse, incertitudes concernant les investissements étrangers à venir… L’Inde fait les frais de la globalisation de l’économie.
Depuis l'annonce en début de semaine de la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, la Bourse de Bombay est en baisse. Ce matin, elle a même chuté de près de 5%. Et lundi, elle avait été l'une des premières à réagir à cause du décalage horaire et du fait que les autres bourses asiatiques étaient fermées pour cause de jour férié. La roupie dégringole aussi. Elle est au plus bas depuis trois ans.
Conséquence directe de la banqueroute de Lehman Brothers, la plus grande banque indienne de crédit ICICI va perdre environ 58 millions d'euros. C'est ce qu'avait investi sa filiale britannique dans la banque d'affaire américaine.
Comme dans le reste du monde, cette crise touche les employés de Lehman Brothers. Ils sont 2500 en Inde, qui avaient été embauchés ces trois dernières années. Ils vont pouvoir chercher un nouvel emploi...
Mais en tout, ce sont au moins 25 000 personnes qui pourraient se retrouver au chômage. L'Inde est en effet souvent surnommé le "bureau du monde" du fait que les entreprises de service, et plus particulièrement les banques, y délocalisent une partie de leurs activités. Si elles vont mal, tous ces contrats avec l'Inde risquent donc d'être revu à la baisse. Pour l'heure, les chiffres avancés ne sont cependant que des estimations. Il va falloir attendre pour connaître les répercussions à plus long terme.
Comme on pouvait le lire hier dans le Times of India, "L'Inde tremble quand les Etats-Unis sont secoués". Jusqu'à récemment, l'Inde se croyait imperméable aux crises boursières mondiales à cause d'une croissance très forte et d'une économie en pleine expansion.
La crise des subprimes est passée par là. L'Inde découvre la globalisation au niveau financier. Le pays n'est pas un acteur majeur sur ce plan là. Elle a besoin de capitaux étrangers qui devraient atteindre 27 milliards d'euros cette année. Mais la crise bancaire actuelle pourrait remettre en cause ces investissements et tout particulièrement ceux des Etats-Unis qui sont le troisième partenaire commercial de l'Inde. Kamal Nath, le ministre indien du Commerce et de l'Industrie, dit craindre une sorte de "vent de panique" dans les prochaines semaines, mais espère que les objectifs d'exportations vers l'Amérique seront atteints.
Et comme ailleurs, c'est aussi une crise de confiance qui touche le pays. Quand on voit des banques aussi puissantes que Lehman Brothers ou Merril Lynch en pleine déroute, toutes les banques et toutes les entreprises se sentent à leur tour fragilisées.
Mais cet après midi, le ministre des Finances a tempéré les choses en déclarant que les "banques indiennes étaient très fortes et que le secteur public bancaire n'avait pas de prise de participation à risque chez Lehman Brothers". P Chidambaram a affirmé que "la banqueroute de la banque d'affaires américaines pouvait réduire les offres de crédit mais que le gouvernement fournirait des fonds là où il le faudrait". Optimiste, il a aussi maintenu qu'il croyait toujours à "une croissance proche de 8% pour l'année fiscale 2008-09".
Les propos confiants du ministre indien des Finances ont sans doute rassuré les investisseurs, inquiets sur le sort des banques du pays, car la Bourse de Bombay est remonté en fin de journée à +0,40.
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