La fabuleuse histoire de Fabindia
le 9/11/2008 à 19h49
par Amanda Winguis
Poster un commentaire :
Note moyenne :
(4 avis)
En Inde, qui ne connaît pas Fabindia ? Vêtements, meubles, vaisselles, linge de maison… Depuis quelques années, la marque est devenue incontournable sur le marché indien. Ce succès ne lui vient pas d’un mode de gestion révolutionnaire, ni d’une recherche effrénée de rentabilité, mais de ses productions entièrement artisanales. Histoire d’une réussite.
Il était une fois un magasin de meubles, de vêtements et de linge de maison, dont le style sobre et le concept original lui valurent un incroyable succès. Ce n'est pas la sucess story d'Ikea en Europe, mais celle de la marque indienne Fabindia.
Fabindia, ce sont déjà 97 magasins dans plus d'une quarantaine de villes indiennes, des filiales à Rome, Dubai, Bahrein et au Qatar. C'est aussi une entreprise qui projette d'atteindre les 250 magasins d'ici à 2010. Une ambition à la hauteur des résultats de l'entreprise. Si ses bénéfices ne sont pas rendus publiques, l'actuel PDG William Bissell, le fils du fondateur, a déclaré cette année, dans un article de FinanceAsia, qu'un investissement de 5000 roupies (82 euros) en 1978 en valait aujourd'hui plus de 2 millions (32 000 euros).
La clef de ce succès ? "L'artisanat", répond Prableen Sabhaney, responsable de la communication et des affaires publiques de la marque. "Nos produits sont fabriqués selon des techniques traditionnelles. Nous associons les traditions indiennes avec des objets de tous les jours". Et la formule plaît ! "Les Indiens aiment l'artisanat de leur pays et apprécient qu'on le leur propose", explique-t-elle.
À Lajpat Nagar, dans la dernière boutique Fabindia ouverte à New Delhi, deux adolescentes donnent leur avis à la troisième qui fait des essayages. "Ce n'est pas cher du tout !" s'exclame la première. "C'est plutôt bon marché pour ce que c'est, renchérit la deuxième. Les vêtements sont sympas et c'est vraiment de la bonne qualité".
La marque ne se contente pas de jouer la carte du "fait à l'ancienne" comme certains vendent des confitures produites en usine dans des pots façon grand-mère. À travers le sous-continent, ce sont plus de 20 000 artisans, tisserands, ébénistes, teinturiers, qui mettent leurs compétences au service de la compagnie.
Le fondateur américain, John Bissell ne s'y est pas trompé. Consultant de la Ford Foundation, venu en Inde pour développer le potentiel textile du pays, il découvre une production locale de qualité, encore largement inexploitée et ignorée du reste du monde. En 1960, il fonde Fabindia pour en faire une vitrine de l'artisanat indien à l'international. Le premier magasin ouvre quinze ans plus tard à Greater Kailash, à New Delhi.
D'abord centrée sur l'exportation, l'entreprise s'est donc réorientée il y a une dizaine d'années vers le marché domestique. "Beaucoup d'opportunités se créaient en Inde, c'était une voie à explorer", raconte la responsable de la communication. Le tournant s'avère décisif. Avec le développement du pays, le nombre de consommateurs potentiels a augmenté de façon exponentielle.
Malgré six magasins ouverts à l'étranger, la marque veut poursuivre son extension en Inde. "Avec la crise économique, nous préférons nous concentrer sur le marché indien", précise Prableen Sabhaney.
L'originalité de Fabindia, c'est aussi d'entretenir des liens forts et justes avec ses fournisseurs et ses artisans. À travers un système de coopératives créées par l'entreprise, les artisans profitent eux aussi des bénéfices du groupe. Ils constituent ainsi la base financière la plus sûre pour la compagnie. Étant parties prenantes de l'entreprise, ils s'avèrent bien plus concernés par la qualité de leur production.
"C'est une relation de bénéfice mutuel, chacun y gagne", conclut Prableen Sabhaney. Chaque achat fait dans un magasin Fabindia profite autant à la marque qu'à ses artisans. Un système et un argument de vente qui devrait faire durer encore cette sucess story.
CommerceEconomieMode
Poster un commentaire :
Note moyenne :
(4 avis)