La grogne des Indiens monte avec le prix de l’essence
le 5/7/2010 à 18h09
par Esther Oyarzun
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Le plus grande démocratie du monde est en grève aujourd’hui. Le gouvernement est attaqué de toutes parts depuis la hausse des prix de l’essence la semaine dernière à la suite de la libéralisation des prix des carburants par l’Etat.
Des avions cloués au sol, des magasins fermés, des taxis à l'arrêt et des manifestants qui battent l'asphalte défoncé des grandes villes indiennes. En colère contre la hausse des prix de l'essence, les Indiens se révoltent contre le gouvernement.
New Delhi tente vainement de réduire le déficit qui a désormais atteint un chiffre jamais vu depuis seize ans. Mais ces mesures restent impopulaires. La hausse des prix de l'essence ne va rien arranger à l'inflation à deux chiffres et la population indienne a décidé de paralyser le pays pour montrer son mécontentement.
"Les marchés et les écoles sont fermés, les bus ne passent pas, les trains sont à l'arrêt et les bureaux sont déserts pour la plupart", a expliqué Nilotpal Basu, le leader du Parti Communiste indien "Les gens veulent crier leur colère". Le pays a cependant été inégalement touché, et certaines régions n'ont été que très peu affectées par cette grève générale.
L'opposition nationaliste hindoue du Bharatiya Janata Party (BJP) et les partis communistes, ont appelé le pays tout entier à 12 heures d'arrêt de travail pour protester contre la décision du Premier ministre Manmohan Singh d'abandonner les prix du pétrole au marché la semaine dernière.
"Les partis d'opposition vont monter une énorme offensive et les gouvernement va devoir faire face à des manifestations et des contestations répétées au parlement", a affirmé Bhanumurthy, un économiste à l'Institut National des Finances et des politiques publiques. Le ministre des Finances Pranab Mukherjee a déclaré dimanche qu'il n'était pas question de faire machine arrière sur la hausse des prix de l'essence même si cela devait exacerber l'inflation. L'Inde a libéré l'essence des prix institués par l'Etat le mois dernier, et a augmenté les prix des autres carburants.
Le pays a en effet été fortement perturbé par la grève : l'aéroport de Kolkata (un des bastions de la gauche) est fermé, tandis que 86 vols ont été annulés à Mumbai.
A Bangalore, les groupes informatiques Infosys Technologies et Wipro, respectivement les deuxièmes et troisièmes exportateurs du pays, ont fermé leurs bureaux, puisque que les ouvriers n'ont pas pu se rendre au travail. Les mines de charbon de Talcher dans l'Etat d'Orissa (est) sont également fermées, rapporte le Bloomberg Business. A Mumbai, la capitale économique, les industries pharmaceutiques Sun et Glenmark ont demandé à leurs salariés de ne pas venir travailler aujourd'hui.
A New Delhi, les leaders du BJP ont tenu un rassemblement au marché de Chandni Chowk, et les rames de métro ont été bloquées à certaines stations. Les compagnies aériennes privées ne vont pas recommencer leur service avant 18h.
Au moins vingt millions de litres d'essence n'ont pas pu être livrés, bloqués au Maharashtra (ouest) étant donné que les groupes pétroliers n'ont pas pu acheminer l'essence jusqu'aux stations.
Plusieurs leaders de l'opposition ont été arrêtés à New Delhi. Nitin Gadkari, le président du BJP, Rajnath Singh and Sharad Yadav ont été interpellés dans le Old Delhi lors d'une manifestation à Chandni Chowk. Les militants du BJP ont bloqué la circulation, le train dans certains endroits de la capitale. Dans l'Uttar Pradesh, à Lucknow, les présidents du BJP Surya Pratap Shahi Jaitley and Naqvi ont aussi été emmenés au poste.
Le BJP paraît globalement satisfait de cette journée d'action : "la grève a été un succès d'après ce que nous avons pu constater", s'est félicité son porte-parole Nirmala Sitharaman, d'après l'Hindustan Times.
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