Le Canada dénonce les erreurs qui ont permis l’attentat d’Air India de 1985
le 18/6/2010 à 16h09
par Stéphane Stag
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20 ans après l'attentat du vol Air India 182 par des indépendantistes sikhs, le Canada revient sur les failles du système de sécurité canadien. Le rapport paru hier met en cause les services secrets et les forces de police du pays.
"Cet évènement reste le pire crimede masse de l'histoire canadienne", annonce le rapport sur l'attentatterroriste du vol Air India 182, sorti jeudi. Le juge de la Cour suprêmecanadienne, John Major en charge de l'enquête, vient de publier 4000 pages surle sujet.
Le vol d'Air India 182 partait du Canadaà destination de l'Inde, le 23 juin 1985. Alors qu'il part de Toronto, un bagage en provenance de Vancouvercontenant une bombe est chargé à bord. Au large de l'Europe, l'appareil explosefaisant 329 morts, et sombre dans l'océan atlantique. Ce sera l'attentat aérienle plus meurtrier de l'histoire jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001 contreles tours jumelles du World Trade Centre à New York, perpétré par un commandoterroriste islamiste
Il apparaît alors que des militants sikhscombattant pour un Etat indépendant sikh au Pendjab, dans le nord de l'Inde, sont a l'origine de cette attaque. L'attentatvisait à se venger du gouvernement indien d'Indira Gandhi, qui avait déployé l'arméedans le Temple d'or d'Amritsar en 1984. En 2005, deux personnes sont jugées pour cesfaits mais sont finalement innocentées pour manque de preuves.
Cet attentat est "le résultat d'unecascade d'erreurs", annonce John Major dans son rapport. Revenons en1985. Deux semaines avant l'attaque, un officier de police travaillant au seinde la communauté sikhe entend dire qu'un attentat se prépare. Il doit avoirlieu deux semaines plus tard. Personne ne relève les faits.
Un peu plus tard, James Bartleman, quitravaille au développement des affaires étrangères lit un document surprenant.La compagnie d'aviation civile indienne Air India doit être la cible d'uneattaque terroriste le weekend du 22 juin. James Bartleman fait suivre le documentà la police, mais personne ne donne suite à l'alerte. Le vol 182, était le seulde la compagnie indienne à décoller ce weekend là.
Toutes ces erreurs sont mises enlumière dans le rapport canadien. "Le nombre de fautes et le niveau d'incompétenceet d'inattentions qui avaient lieu avant le vol perdurentmalheureusement", annonce le rapport.
John Major met ici le doigt sur lesfaiblesses de la police et des services secrets canadiens. A la suite de l'attentat de 1985, ils auraient bâclél'enquête. D'après le juge, le travail "à la va vite" est unproblème récurant au sein des forces de sécurité canadiennes.
"Personne n'est aux commandes",voilà le point le plus important. Au sein du système de sécurité canadien,personne n'assure la continuité des dossiers et ne gère la division des taches.Pour Mr. Major, il faut que la police et les services secrets travaillentensemble sous les ordres d'une seule et même personne.
La sécurité aérienne est elle aussimise en cause dans l'attentat. "De nombreuses carences existantes en 1985restent des préoccupations inquiétantes aujourd'hui", lit-on dans lerapport. Peu de mesures préventives, des contrôles parfois inefficaces, unmanque de coordination des agents de sécurité, la liste est longue.
"Nous devons reformer nos institutions",conclut le rapport, "et nous ne devons pas attendre l'urgence d'une autreattaque terroriste". Le premier ministre canadien Stephen Harper a promid'apporter des réponses aux questions soulevées par Mr Major.
Dans les rangs de l'intelligentsia de lasécurité canadienne, en revanche, la critique est mal perçue. L'amalgame quefait le juge de la cour suprême entre l'attentat de 1985 et de la situationactuelle ne tiendrait pas la route. Les service secrets canadiens et la police affirmentêtre mieux préparés pour empêcher un attentat terroriste de ce type.
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