Le Fort rouge entre au patrimoine mondial de l’Unesco
le 30/6/2007 à 9h20
par Iris Deroeux
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L’Unesco a inscrit 4 nouveaux sites sur la liste du patrimoine mondial, le 28 juin. L’ensemble du Fort rouge à New Delhi est l'un d'eux. Ce classement doit donner une nouvelle impulsion à la politique de restauration de ce chef-d'oeuvre de l'architecture moghol construit au 17ème siècle.
"S’il est un paradis sur terre, il est ici, il est ici,
il est ici". Ce couplet persan du poète Amir Khusrau est inscrit sur un
mur, dans une salle du Lal Quila. Le Fort rouge a été construit de 1638 à 1648
par l’empereur moghol Shah Jahan "à l’image du paradis tel qu’il est
décrit par le Coran". A l’intérieur des 2 km de murs de grès rouge – qui
ont donné son nom au fort -, on découvre les appartements privés de l’empereur
reliés par un canal nommé Nahr-i-Bihisht ou fleuve du paradis, puis des salles
d’audience, des jardins, un harem, des bains royaux, une petite mosquée…
Aujourd’hui, il faut fermer les yeux et se laisser porter par la magie de
l’histoire car plus aucun ornement ne permet d’imaginer le faste passé du fort.
L’inscription du Fort rouge sur la liste du patrimoine mondial
de l’Unesco devrait redonner l’impulsion aux autorités locales qui n’ont jamais
réussi à restaurer le monument. L’Unesco a justifié sa décision en expliquant
que le Fort Rouge représente l'apogée de la créativité moghole. "Chaque
pavillon dévoile des éléments architecturaux typiques des bâtiments moghols,
reflétant une fusion des traditions perses, timourides et hindoues. Le style
architectural du Fort Rouge, notamment l'aménagement de ses jardins, ont
fortement influencé les constructions et les jardins ultérieurs au Rajasthan, à
Delhi, à Agra et dans les régions avoisinantes." Sans compter la place
de ce fort dans l’histoire moderne de l’Inde. Sa structure reflète toutes les
phases de l'histoire indienne, de la période moghole jusqu'à
l'indépendance.
Depuis 1992, l’Uneco hésitait à inscrire le Fort rouge au
patrimoine mondial. L’organisation a d’abord attendu que l’armée se retire des
lieux, en 2003, pour éviter que le fort ne soit une cible militaire. Puis elle
a souhaité voir comment l’ASI (archeological survey of india) – à la tête du
site – prenait soin du fort. Devant le peu d’efforts fournis, l’Unesco a décidé
d’apporter son soutien. L’inscription au patrimoine mondial ne signifie pas que
l’organisation va subventionner la restauration mais elle conseille et oriente
les projets autour du site. Par ailleurs, le tampon "Unesco" a
généralement un effet positif sur le mécénat et l’intervention de fondations
privées.
L’ASI ne va pas devoir ménager ses efforts pour trouver des financements et
redonner vie au monument. Un rapport lui a été rendu en mai dernier par
l’Organisme indien de conservation des ressources culturelles établissant un
plan d’action pour restaurer les bâtiments et les jardins du fort. Les
visiteurs pourront peut-être bientôt découvrir un Fort rouge sans les baraques
de l’armée britannique encore disposées dans l’enceinte. On peut même imaginer
des reconstitutions de mosaïques, de pierres précieuses et de dorures pour
redonner des couleurs aux murs défraîchis du palais.
Le Red Fort se visite du mardi au dimanche, de l'aube au crépuscule. L'entrée coûte 100 roupies. Des spectacles sons et lumières sont organisés tous les soirs à 19h30 de novembre à janvier, à 20h30 de février à octobre, à 21h30 de mai à août.
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