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Les rebondissements du feuilleton indien Satyam

le 14/1/2009 à 17h29  par Antoine Corta

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Une semaine après la confession choc de Ramalinga Raju, le PDG de Satyam Computer Services, faisant état des comptes ultra dopés du groupe, les dessous du scandale commencent à émerger. Aujourdhuilinde fait le point sur les derniers éléments de l’affaire.

Les personnes mises en cause

Le PDG de Satyam Ramalinga Raju, son frère Rama Raju, directeur du groupe ainsi que le directeur financier Srinavas Vadlamani ont été arrêtés à Hyderabad (Andhra Pradesh) quelques jours après la révélation du scandale, le 7 janvier dernier. Affirmant que son frère et lui sont les uniques responsables de la fraude, Ramalinga Raju insiste n'en avoir tirer aucun bénéfice financier.

Le Conseil d'administration n'était pas au courant de la fraude, selon le magazine India Today. Le ministère des Affaires Economiques a confié, mardi l'ouverture d'une enquête sur Satyam à la Brigade des Fraudes (SFIO) qui a trois mois pour rendre ses conclusions.

Les bureaux de Pricewaterhouse perquisitionnés

Le cabinet d'audit externe PricewaterhouseCoopers (PwC), dont la filiale indienne Pricewaterhouse était chargée de vérifier les comptes de Satyam, est maintenant pointé du doigt. Difficile d'imaginer comment PwC, selon son propre rapport du 21 avril 2008 "n'a pas rencontré de cas de fraude pendant le cours de l'examen des comptes" du géant indien de l'informatique. Comment, alors le PDG de Satyam a-t-il pu dissimuler une somme fictive de plus d'un milliard d'euros.

Des perquisitions sont en cours, depuis mardi, dans les locaux du groupe et plusieurs documents en lien avec l'affaire Satyam ont été saisis, lit-on dans le quotidien économique Mint. La direction intérimaire du groupe a déjà fait appel à Deloitte Haskins & Sells et KPMG qui font partie, comme PwC, des quatre plus grands groupes de cabinets d'audit, pour reprendre les comptes de l'entreprise en faillite.

Délit d'initiés

La vente massive d'actions Satyam, dans les deux semaines qui ont précédées la confession écrite de Ramalinga Raju du 7 janvier dernier, laisse désormais place à une nouvelle piste : le délit d'initiés. D'après le journal Times of India, cinq ventes d'actions d'une valeur totale de plus de 300 000 euros, effectuées entre le 23 décembre 2008 et le 5 janvier dernier, sont particulièrement suspectes. Sont notamment impliquées les groupes Merrill Lynch,  Blackrock, la Deutsche Bank et ILFS Financial Services. Le prix de l'action du groupe oscillait entre 2,15 et 2,7 euros dans les jours précédant la lettre fatidique. Deux jours après la révélation du scandale elle était tombée à moins de dix centimes d'euros.

Toutes ces actions seraient celles "mises en gage" par la famille de Ramalinga Raju afin d'obtenir des prêts, comme l'explique l'ex-PDG dans sa lettre d'aveux. Plusieurs hauts responsables de Satyam auraient également vendu plus de 92 000 euros d'actions l'année dernière.

L'avenir du groupe

À l'instar de l'Américain Enron, qui s'est effondré en 2001, il est peu probable que Satyam, quatrième groupe en ingénierie informatique d'Inde jusqu'à la semaine dernière, parvienne à combler son gouffre financier et survive à cette crise. Le gouvernement indien cherche cependant des solutions pour sauver le groupe et pourrait injecter près de 307 millions d'euros, afin d'assurer –temporairement- le paiement des salaires des 53 000 employés de Satyam, selon la chaîne de télévision CNN-IBN. Reste à savoir si les clients de Satyam, dont 185 appartiennent aux "Fortune 500" resteront fidèles au groupe…rien n'est moins sûr.

Les conséquences pour le secteur informatique indien

Satyam est-il un cas isolé ou seulement la pointe de l'iceberg d'une tendance plus générale dans les grands groupes d'informatique du pays? Il est trop tôt pour trancher. L'analyse d'India Today est cependant révélatrice des conséquences du scandale qui risque d'éclabousser le secteur tout entier dans le pays: "Les investisseurs étrangers regarderont désormais les compagnies indiennes d'informatique –mises en avant comme des entreprises modèles- avec bien plus de scepticisme".

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