Quand l'Inde apprend le français
le 2/4/2008 à 22h17
par Emil Sinclair
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Le français est la première langue étrangère apprise en Inde, et une ambitieuse méthode d’enseignement en ligne devrait contribuer à son essor. Mais d’où vient l’intérêt des Indiens pour la langue de Molière ?
"Le
secteur de l'e-Learning (apprentissage sur internet) est en pleine explosion au niveau mondial, et c'est en
Inde que les mots learn french sont les plus recherchés sur la toile",
explique Kevin Muller. Ce jeune entrepreneur, directeur d'E-Nova (1), a
développé en partenariat avec le réseau des Alliances françaises en Inde une
méthode d'apprentissage en ligne du français baptisée ClickonFrench. Plus qu'un
simple accès à des leçons sur internet, c'est un véritable accompagnement de
l'élève qui est mis en place : suivi par email, leçons par
téléphone et organisation de véritables cours dans les locaux des
Alliances afin de faire un bilan tous les mois. "Le
diplôme délivré à la fin de l'enseignement, équivalent à celui des Alliances françaises, est un gage de sérieux pour cette formation", explique Kevin Muller.
En Inde, 500 000 personnes apprennent le français chaque année, dont 25 000
dans le réseau des Alliances. "Et
encore, nous sommes loin d'avoir atteint le potentiel maximum, on manque de
moyens et de professeurs qualifiés", explique Jacques Cretin, directeur pédagogique de l'Alliance de New Delhi. Le
français est tout simplement la première langue étrangère enseignée en Inde (l'anglais,
n'étant pas considéré comme une langue étrangère) et plaît beaucoup aux jeunes
actifs ou étudiants issus des classes aisées qui constituent le gros des
effectifs des Alliances. "Je suis
convaincu que si l'on ouvrait des annexes de l'Alliance dans la banlieue de Delhi en plein développement, Gurgaon ou Noida, les cours se rempliraient très rapidement".
Mais pourquoi
ces jeunes indiens apprennent-ils le français ? "Moi j'apprends la langue pour devenir traducteur et guide touristique",
explique Ashish, un jeune étudiant qui fréquente les bancs de l'Alliance. Ils
sont de plus en plus nombreux à considérer l'apprentissage du français comme un plus sur le CV qui ouvre des opportunités d'emplois dans le
tourisme, l'hôtellerie ou même la mode. Et puis le mythe
de la France,
pays romantique, culturel et culinaire demeure : "J'ai commencé par lire Rimbaud en anglais et j'ai voulu savoir si
c'était aussi beau en français", raconte Rajhan, un jeune professeur de
français dans la célèbre université privée Amity, à New Delhi. Mais il admet
que son parcours est plutôt atypique. "Il y a un vrai changement dans le profil
des étudiants, ils sont moins passionnés par la culture française
que par le passé : ils ne la découvrent qu'après coup, au gré des
enseignements", explique Jacques Cretin. Mais il précise aussi que pour les Indiens issus de l'élite,
pour qui l'anglais est presque une seconde langue maternelle, "le français garde le statut de langue
internationale, aussi bien dans la
diplomatie que dans les affaires".
L'engouement
pour la langue est là, mais pas forcément pour le pays. En 2007, seuls 1 700 étudiants indiens fréquentaient les facultés françaises, contre 17 000 étudiants chinois (2). Les
indiens préfèrent partir en territoire connu, dans les pays anglo-saxons aux universités
très bien cotées et où la maîtrise de l'anglais permet d'atténuer le
choc culturel. Nicolas Sarkozy a ainsi annoncé, lors de sa venue en Inde
en janvier dernier, que de nouveaux accords entre les universités des deux pays allaient être signés afin tripler le plus rapidement possible le nombre d'étudiants indiens en
France.
Consulter le portail ClickonFrench : cliquer ici.
(1) Article lié : "Une start-up française sur le terrain des indiens : l'informatique"
(2) Voir article du Times of India : "France to treble number of Indian students : Sarkozy"
EducationFrancophoneFranceNew Delhi
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