Quand le foot français part à la rencontre du cricket indien
le 4/3/2010 à 9h48
par Françoise Lanby et Ella Martin
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Pendant dix jours, huit jeunes ont profité de leurs vacances de février pour se rendre en Inde, et échanger sur le thème du sport. C’est grâce à l’association lyonnaise Sport dans la ville, en partenariat avec Tomorrow’s Foundation, que ces passionnés du ballon ont partagé amour du sport et découvertes culturelles avec la jeunesse locale.
La sueur, la fatigue, les cris. Sur l'un des terrains de
Calcutta, les jeunes s'affrontent. Le coup de sifflet final retenti. Les bleus
ont gagné 4 à 0. Les 800 spectateurs présents crient et acclament les joueurs.
Il n'y a ni vainqueurs, ni perdants. Ce match de foot, c'est l'un des plus
beaux souvenirs d'Adil, 19 ans. Il est l'un des participants du voyage organisé
par l'association lyonnaise Sport dans la
ville, en partenariat avec l'ONG Tomorrow's Foundation, qui s'occupe des
enfants des rues en Inde. " C'était
impressionnant qu'il y ait autant de monde pour un aussi petit match. Les
spectateurs ont supporté les deux équipes. On était tous gagnants. C'était
magique".
" Les Indiens ont été très
fair-play. Ils étaient simplement
heureux d'avoir joué. En fait, c'est surtout le sport qui nous a rassemblé ".
Adil et sept autres jeunes, issus des banlieues, ont participé à un programme
d'échange sportif. Cricket, yoga ou foot. Pendant dix jours, ils ont
expérimenté différents sports avec les jeunes des quartiers. Un programme
chargé qui a inclus aussi la découverte du pays.
Des moments intenses émotionnellement
" Nous n'avons plus le même état
d'esprit. On s'est rendu compte qu'on n'était pas seul sur Terre. Malgré la pauvreté,
les personnes en difficulté trouvent le moyen d'être heureux ". Au
cours de la semaine, Adil et ses camarades ont visité leur terre d'accueil. Le
Taj Mahal, l'ambassade française, mais aussi l'un des dispensaires de Mère
Theresa à Calcutta. " C'était le
chaos, l'enfer. Des gens étendus dehors. Et puis des enfants nus qui jouent
avec des chiens ", raconte Mohamed, 19 ans.
Il a fallut être fort pour affronter un univers inconnu. Les
huit garçons majeurs ont été choisi par rapport à leur caractère mais aussi à
leur expérience du voyage. Nassim Zidane, coordinateur en insertion
professionnelle, s'occupe d'eux depuis qu'ils sont adolescents, et les aide
dans la recherche d'emploi. "Dès que le
projet a été mis en place, on a convoqué une vingtaine de jeunes de
l'association. On leur a fait passer un entretien pour connaitre leur
motivation, puis on a fait une sélection. On a organisé de nombreuses réunions
d'information afin de les sensibiliser et de les préparer ".
Des échanges silencieux mais sincères
L'association, créée en 1998, pratique depuis quelques
années les programmes d'échanges grâce à différentes ONG. Plusieurs jeunes se
sont rendus au Brésil et aux Etats-Unis, et certains iront exceptionnellement
en Afrique du Sud pour la Coupe du Monde. C'est la première fois que Sport dans la Ville travaille avec Tomorrow's Foundation. Ces voyages sont
l'opportunité de découvrir une autre facette du monde, de s'enrichir
culturellement, et de pratiquer une autre langue.
" On a un peu parlé anglais. Mais on
s'est vite rendu compte qu'on pouvait communiquer autrement. Pendant mon
voyage, je me suis attaché à un petit. On ne se parlait pas beaucoup. Mais un
lien s'est construit à travers le sport ", explique Adil avec
enthousiasme. A la fin de la journée, les huit jeunes et les deux
accompagnateurs ont repris le chemin du retour vers la France. Les émotions et
les souvenirs risquent de perdurer un certain temps. Au moins jusqu'en Juillet,
où ce sera au tour d'un groupe de jeunes Indiens d'être accueillis par Adil,
Mohamed et leurs amis.
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