Un an après les attentats de Bombay, les responsables courent toujours
le 26/11/2009 à 10h06
par Antoine Guinard
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Alors que le procès d’Ajmal Kasab touche à sa fin, sept Pakistanais viennent d’être inculpés par un tribunal spécial au Pakistan, hier, d’avoir participer à l’organisation de l’assaut terroriste du 26 novembre. Hafiz Mohammed Saeed, le cerveau présumé des attentats, échappe pour l’instant à la justice.
Manmohan Singh a réitéré
un air connu lors de sa visite d'Etat à Washington: le Pakistan, a
rappelé le Premier ministre indien, n'agit pas assez fermement contre les
éléments terroristes sur son territoire. Si la position indienne n'est pas
nouvelle, cette déclaration faite à la veille
du premier anniversaire des attentats de Bombay du 26 novembre a toutefois
incité Islamabad à montrer un peu de bonne volonté.
Sept Pakistanais
soupçonnés d'avoir participé à la préparation des attaques de novembre 2008 à
Bombay ont en effet été mis en accusation, hier, par la Cour antiterroriste de
Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad. Parmi eux, deux membres importants du
Lashkar-e-Taiba (LeT), le groupe terroriste basé au Pakistan soupçonné d'avoir
orchestré les attentats, dont Zaki-ur Rehman Lakhvi, un des hauts cadres de
l'organisation.
"Lakhvi était un
de leurs formateurs principaux donc ce serait une perte pour le LeT...si jamais
ça en est vraiment une ! Apparement il a le droit de recevoir qui il veut
en prison, il peut donc continuer à assumer son rôle au sein de
l'organisation", affime le directeur de l'Institut pour la Gestion des Conflits Ajai Sahni, qui reste sceptique sur les
conséquences concrètes de ces mises en examen.
"Le Pakistan est
obligé de montrer qu'il agit, mais il faut attendre de voir ce qui va être
retenu contre les accusés...on a déjà vu ce scénario par le passé : aucune
preuve solide n'est présentée devant le tribunal, les prévenus sont relâchés
mais le Pakistan peut faire bonne figure devant la communauté
internationale", ajoute-t-il.
L'Inde accuse
depuis un an le Pakistan de faire piétiner l'enquête. En juin dernier, la Haute Cour de Lahore avait remis en liberté Hafiz Mohammed Saeed, placé en résidence
surveillée en décembre 2008. Chef présumé du LeT, il est considéré par New Delhi
comme le véritable cerveau des attentats de Bombay. Selon le magazine Tehelka,
Saeed aurait rencontré le commando terroriste avant les attentats et aurait même
choisi les noms de guerre de ses dix membres.
Le 24 juin, le
Pakistan a déclaré qu'aucun de ses citoyens accusés d'être impliqués dans
l'attaque ne serait jugé en Inde. Le seul Pakistanais qui, à coup sûr,
n'échappera pas à la justice indienne s'appelle Ajmal Kasab. Unique membre du
commando terroriste de dix hommes à avoir survécu aux attentats, il est
actuellement en procès dans la capitale économique indienne.
De nombreuses
preuves l'accablent : les témoins oculaires, les armes et les explosifs
retrouvés sur lui, les enregistrements des caméras de surveillance, l'ADN
prélevé sur le bateau qui a transporté le commando terroriste jusqu'en Inde. Sa condamnation ne fait plus de doute, même si le procès ne devrait prendre fin que
d'ici deux ou trois mois, selon le procureur Ujjwal Nikam.
Fahim Ansari et
Shabahuddin Ahmed, deux Indiens accusés d'avoir fourni des renseignements
logistiques au commando, sont également en passe d'être jugés à Bombay en
même temps qu'Ajmal Kasab.
Reste la piste
Headley-Rana, qui selon Ajai Sahni, demeure la plus prometteuse. Arrêté par le
FBI le mois dernier, l'Américain David Headley est soupçonné d'avoir joué un rôle
central dans les attentats de Bombay. Il aurait en effet séjourné dans la ville
fin novembre et se serait trouvé au Pakistan avec son complice présumé Tawahur
Hussain Rana lors de l'attaque terroriste.
Un ancien
officier de l'armée pakistanaise soupçonné par le FBI d'avoir été "en
communication" avec David Headley a été arrêté, hier, au Pakistan. L'agence
américaine accuse également ce dernier d'avoir eu des contact avec des responsables du LeT lors de ses nombreux voyages au
Pakistan.
"Le procès d'Ajmal
Kasab et tout ce que fait l'Inde n'aura aucun impact sérieux. Seuls les
Américains ont le pouvoir d'amener l'enquête sur le sol pakistanais, et encore,
il n'ont pas été capables de faire grand chose en Irak et en Afghanistan,
concernant le terrorisme". analyse Ajai Sahni.
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