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Un nouveau projet industriel abandonné au Bengale pour des questions de terrains

le 11/9/2009 à 15h33  par Claude Sarles

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Les autorités du Bengale Occidental viennent de renoncer à la construction d’un gigantesque complexe informatique en raison d’une polémique sur l’acquisition des terrains pour le projet. Un nouveau coup dur pour cette région après le départ de Tata Motors l’an dernier.

L'implantation de deux géants indiens de l'informatique Infosys et Wipro en périphérie de Calcutta devait marquer le renouveau du dynamisme industriel du Bengale Occidental. Etalé sur 5 000 km², le projet lancé en avril 2008 aurait fait de Rajahrat la deuxième région consacrée aux technologies de l'information en Inde, avec à la clef la création de 10 000 emplois.

Mais lundi, le gouvernement communiste du Bengale Occidental a tout annulé. Motif : l'acquisition des terrains. Raj Modi, le directeur général d'un consortium privé chargé d'acquérir des terres agricoles a en effet été arrêté par la police et placé en détention. Les paysans l'accusent d'une occupation forcée sans aucune compensation en retour. Face aux protestations des villageois, le gouvernement de Buddhadeb Bhattacharjee a donc décidé de faire machine arrière. "Il est impossible pour le département des technologies de l'information de mener à bien ce projet : le gouvernement ne veut être impliqué dans aucune activité illégale" a déclaré le Ministre des Technologies.

C'est la troisième fois en deux ans qu'un projet industriel d'envergure fait les frais de la fronde paysanne dans cet Etat majoritairement rural. En mars 2007, la région de Nandigram (au Sud-Ouest de Calcutta) avait d'abord été le théâtre d'affrontements meurtriers entre la police et des paysans qui s'opposaient à la construction d'un complexe industriel. Au moins 14 villageois avaient été tués et plus de 70, blessés. Résultat : le gouvernement régional, mené par le Parti Communiste Indien (Marxiste), a dû renoncer temporairement à sa politique de promotion de Zones Economiques Spéciales, comme on appelle les zones franches indiennes.

L'an dernier, un scénario similaire à poussé le géant automobile Tata Motors à délocaliser la production de sa célèbre Nano dans le Gujarat, à l'autre bout du pays. L'usine qui devait fabriquer la voiture la moins chère du monde était pourtant en phase d'être achevée à Singur (à 40 km de Calcutta). Mais les protestations parfois violentes des paysans locaux,  soutenus par le principal parti d'opposition Trinamool Congress, ont finalement poussé Tata à claquer la porte. "Vous ne pouvez pas faire tourner une usine sous protection policière, lorsque des bombes y sont jetées, lorsque des ouvriers y sont intimidés", avait tranché le PDG du groupe, Ratan Tata, en septembre 2008.

Dans ce contexte, l'arrêt du projet Kolkata IT Links risque aujourd'hui de pousser d'autres industriels à renoncer à leurs investissements au Bengale au profit d'autres Etats, brisant les espoirs d'embauche de la jeune génération.

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