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Une usine à rosée pour résoudre la pénurie d’eau dans le Gujarat

le 10/5/2007 à 13h41  par Céline Chassé

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Grâce à système innovant de collecte de rosée, une usine produit 350 litres d'eau d'eau par jour au Gujarat.

Boire l’eau de la rosée du matin, l’idée était romantique. Elle est maintenant en passe de devenir réaliste avec une usine à rosée en test à Kutch, dans le Gujarat, un Etat aride et côtier du nord-ouest de l’Inde.

Par nuit claire avec un vent faible, cette usine produit déjà jusqu’à 350 litres d’eau potable. "A terme, elle produira 1000 litres par nuit pour les besoins de la communauté villageoise. Une fois mise en bouteille, l’eau pourra être vendue à un prix deux fois moindre que celui d’une usine normale", explique Daniel Beysens, l’homme à l’origine du projet.

Avec son association Opur (Organisation pour l’utilisation de la rosée), Daniel Beysens a mis au point des "condenseurs" qui permettent d’optimiser la collecte de rosée. Le principe est simple : des tranchées, recouvertes d'un isolant thermique puis d'un film spécial, recueillent la rosée, acheminée vers un réservoir. Filtrée et désinfectée, l'eau est mise en bouteille.

Pour améliorer le rendement, l’équipe d’Opur a créé des films plastiques et peintures à forte émission infrarouge qui se refroidissent naturellement. En recouvrant ainsi sols ou toitures, la température sur le revêtement est abaissée de 4 à 10 dégrés, l’humidité relative de l’air dépasse les 100 % et la vapeur d'eau se condense alors.

Ce principe est mis en oeuvre dans l’usine du Gujarat par Opur et l'Indian Institute of Management. Le site d’une ancienne mine à ciel ouvert a été choisi pour mener à bien cet ambitieux projet. Sur 850 m2, les tranchées parallèles, remodelées, ont été tapissées du fameux film, constituant ainsi un condenseur géant. À terme, ce système devrait couvrir une superficie totale de 12.000 m2 et permettre de récupérer de 1.200 à 6.000 litres d’eau toutes les nuits.

Quant au coût de cette innovation, "en Europe, il devrait être autour de 2 euros le mètre carré, promet Daniel Beysens. Les peintures seront un peu plus chères, mais beaucoup plus faciles à mettre en oeuvre." En Inde, en raison du coût réduit de la main-d'oeuvre, les feuilles reviennent déjà à 0,4 euro par mètre carré.

Deux autres usines sont en construction, en Inde et au Maroc, et Daniel Beysens dresse actuellement une cartographie mondiale des sites à rosée. "Il y a partout de l’humidité dans l’air, même dans les zones désertiques, explique-t-il. En la collectant, on offre une nouvelle source d’eau à des régions qui ont peu de pluies ou dont les nappes phréatiques sont polluées." Une goutte d'espoir pour les endroits les plus arides de la planète.

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